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Avant-projet de PCA à Biez : un projet immobilier déjà bien ficelé

Publié le 11 mai 2014 · Publié dans Actualités, Dossiers

Notre groupe s’est fermement opposé à l’avant-projet proposé par la nouvelle majorité pour le PCA de Biez lors du conseil communal du 18 mars dernier. Bien qu’ayant mis en place il y a 3 ans le plan communal d’aménagement (PCA) de Biez, nous considérons que le projet introduit par la nouvelle majorité ne respecte pas les attentes des habitants et est en contradiction avec les règles le plus élémentaires d’urbanisation d’une zone villageoise rurale.
Enquête en 4 questions

Comparaison avec le projet rejeté massivement en 2010

Du côté de l’avenue des Sapins, l’ensemble des 3 immeubles a disparu mais ils ont été remplacés par d’autres aménagements.
Le nombre de logements privés prévu dans le projet de 2010 pour la zone rouge proche du cimetière (15 maisons) augmente: 13 logements à côté du cimetière et 3 logements sur une nouvelle placette à créer à front d’avenue des Sapins face au chemin de la Logette. Sur cette placette s’ajoute aussi un immeuble de taille non négligeable (potentiellement de 12x36m et 7,5m sous corniche) devant être du logement « public » pour être conforme à la zone bleue. Ce type de logements est cependant généralement construit dans des centres urbains et non en zone rurale, isolée des commerces, de toute infrastructure et des transports en commun.

Comparaison 2010-2014

L’immeuble de résidence service qui était implanté sur le parking actuel est déplacé à la droite de l’entrée actuelle. Ce « L » de 90 mètres de côté et d’une profondeur de plus de 20 mètres avec une hauteur sous toiture de7,5m reste très imposant. Il s’agit d’une emprise au sol potentielle maximale, mais soyons bien conscient qu’un promoteur privé utilisera toutes les possibilités qui lui seront octroyées via ce PCA dans le cadre d’un immeuble collectif.

Contrairement au plan de 2010, plus aucun renforcement de la sortie vers le bas du site sur l’avenue Félix Lacourt n’est désormais prévu, ce qui rend le site très fortement dépendant de l’accès par l’avenue des Sapins.

L’établissement existant recevrait aussi via ce PCA la possibilité d’agrandir les bâtiments de manière conséquente et d’optimiser l’espace entre ceux-ci. Bien que cette option soit logique, il faut bien se rendre compte que là également, le site se développera de manière importante.

Enfin, 2 nouveaux bâtiments supplémentaires (40m x 25m et 50m x 20m !!!) sont prévus dans le bas du site avec un parking pour par exemple renforcer l’infrastructure scolaire existante. Ces bâtiments seront visibles de loin et, d’autant plus que la zone boisée formant un écran de verdure vers le village devrait disparaitre.

En 2014, l’ambition immobilière oriente la réflexion

Cet avant-projet fait la part belle à un vaste projet immobilier privé qui fixe les modalités de construction et les affectations de sol de la plupart du site du préventorium et de la zone contigüe au cimetière de Biez et laisse le reste dans un statut fragile de zone de parc. Il a été établi conjointement avec le bureau d’étude ABR désigné par la commune pour établir ce PCA, l’administration communale et le futur lotisseur. Il permet d’optimiser l’utilisation du site pour l’extension de l’infrastructure existante ainsi que l’aménagement de la zone rouge (constructible) à côté du cimetière. Bien que respectant le cadre légal d’aménagement de la zone bleue (ZSPEC – Zone de service public et d’équipement communautaire), il introduit discrètement une mise en œuvre incompatible avec le cadre rural dans lequel il devra s’appliquer.

Le dossier décrivant les options et prescriptions de cet avant-projet est assez éclairant sur la vision du projet proposé. Nous le commentons ci-dessous. Mais une notion de phasage semble transparaître d’emblée en spécifiant ce qui suit :

« … permet de gérer la composition des espaces mais également le phasage du projet car toutes zones du site ne peuvent pas être urbanisées d’un seul tenant » et avec un schéma qui, en particulier couvre la zone de parc encore vierge sous le vocable de « Extension maison de repos – résidence service, restaurant interne, plaine de jeux »).

Ce phasage risque donc de cacher un plan d’évolution du site à moyen terme pour combler les zones restées vierges.

Des arguments ambigus sur l’ouverture au public

L’avant-projet met en évidence l’intérêt d’une ouverture du site vers le village et son accessibilité au public comme si cela répondait à une demande de la population. Cette ouverture paysagère vers le village n’aura malheureusement pour effet que de supprimer la barrière de verdure entre le site principal et l’espace loti contigu au cimetière. Visuellement, cela ne formera plus qu’un seul vallon loti allant de la rue du Beau Site jusqu’au cœur du site du préventorium et remplacera cette zone boisée par une zone de parc potentiellement transformable en zone constructible !!! Quant à l’accès du site au public, on peut se poser la question de la réelle demande des riverains de venir s’y promener. Quoiqu’il en soit, la zone qualifiée de parc est définie dans les prescriptions de l’avant-projet comme :
«… exclusivement destinée aux espaces verts ordonnés dans un souci d’esthétique paysagère. Elle fait partie du domaine privé… ».
Celle-ci représente par contre une réserve foncière intéressante pour le développement d’une phase ultérieure où cette zone de parc pourra facilement être requalifiée. Enfin, les voiries envisagées seront-elles aussi accessibles au public et à la circulation locale comme le sous-entend cette ouverture ? On peut en douter…

En conclusion

Même si le projet de 2010 a été réaménagé et revu quelque peu à la baisse du côté de l’avenue des sapins, l’ampleur du développement global du site est bien plus importante. Les mêmes questions concernant l’impact environnemental, les conséquences sur la mobilité et sur l’intégration par rapport au village ou encore sur l’égouttage en aval du site sont toujours pendantes.

Nous devrons être attentifs lors de l’enquête publique pour ne pas laisser passer un tel PCA qui offrira des droits juridiques au promoteur privé, et ce en contradiction totale de ce que nous voulons tous pour Biez.